22.10.2007

nnouvelles d'octobre

Yaoundé, le 21 octobre 07,
Bonjour à tous et à toutes !
Non, nous ne vous avons pas oubliés, chers vous tous ! Nous sommes simplement très silencieux ces derniers temps… Nous enchaînons les déplacements en brousse, pas toujours synchronisés, et notre vie de consultants camerounais est pleine de voyages et d’aventures, malheureusement pas toujours vécus ensemble…
Quelques explications : nous sommes donc de retour au Cameroun, depuis la mi-août. Arnaud a terminé sa brève carrière de professeur d’université, et a commencé dans le bureau d’études de Caroline, début septembre. Il est donc le sociologue en passe de devenir une célébrité dans les villages enclavés de l’Est du Cameroun (voyez sur les photos comme il est accueilli avec des danses par les femmes des villages !) Il fait des études d’impact, des études socio-économiques, toutes préalables à l’exploitation forestière. Du coup, il devient familier des villages de l’Est, passant dans les maisons pour remplir des questionnaires, organisant des réunions publiques dans les villages…
Nous devenons donc l’un et l’autre spécialistes du monde des forestiers, et avons passé plus de temps sur les routes qu’à Yaoundé dans les semaines qui viennent de s’écouler. Mais depuis 2 jours, miracle, nous voilà réunis à la maison pour une dizaine de jours, avant que Caroline ne reprenne la route de l’Est, pour aller préparer une campagne de dépistage dans une entreprise, et qu’Arnaud n’aille pour de nouvelles enquêtes dans la province du Nord Ouest, dans la partie anglophone du Cameroun. Faire de la route en cette saison est très fatigant, parce que c’est la saison des pluies, et qu’on ne sait jamais si on ne va pas se retrouver coincés derrière un camion bloqué par les bourbiers, (voir photo) en pleine forêt, sans réseau téléphonique !!! On ne sait jamais à l’avance combien d’heures va prendre le voyage, tout dépend de la météo, de la boue, et de la manière dont les as du volant de chauffeurs qui nous mènent affrontent les éléments !

Le projet de Caroline prend de l’ampleur, son équipe s’étoffe : un médecin, et une infirmière qui a aussi des compétences en communication sont venues la rejoindre à plein temps. Je continue les sensibilisations dans les sites enclavés… Ce n’est pas toujours simple de se retrouver face à toute une bande d’ouvriers qui sont convaincus que les gens qui viennent leur parler du sida cherchent juste à gagner de l’argent, beaucoup d’argent… Mais quand on leur permet d’exprimer leurs questions, et qu’on les écoute, ils sortent en général très contents des réunions que nous organisons. En ce moment, un de nos leitmotivs en équipe est « Le sida ne se lance pas par les sorciers, il s’attrape à cause d’un virus. » En effet, des tas de croyances, de doutes, de peurs entourent cette maladie, et il faut beaucoup de patience pour expliquer, encore et encore que non, ce n’est pas une maladie inventée par les blancs… etc… Je suis contente, parce que mon travail commence à être reconnu, nous obtenons des financements, les responsables des entreprises me font confiance, et certaines initiatives intéressantes se mettent en place.

Nous avons pris la décision de rentrer à Paris pour la fin décembre. Arnaud a retrouvé une position intéressante dans le cabinet dans lequel il travaillait précédemment, et Caroline… cherchera du boulot ! Evidemment, quitter le Cameroun ne sera pas chose facile, tant de personnes nous sont devenues chères, tant de choses nous sont devenues familières… Et vu que le projet de Caroline décolle enfin, elle pense avoir beaucoup de difficultés à quitter le pays… Mais Arnaud répond à une bonne opportunité ! Et puis, même si nous sommes profondément heureux de ces deux années camerounaises, nous ne nous voyons pas durer ici.
Nous fêterons donc Noël en France, en Touraine…

Nous cherchons dons un appartement à louer à Paris pour le 1er janvier 2008. Si jamais vous connaissez quelqu’un qui laisse son 2 pièces, faites nous signe !
Nous vous embrassons, et à bientôt pour un dernier blog (courant novembre-décembre), avant de se retrouver en France.

Arnaud et Caroline

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