01.12.2006
Des nouvelles de Yaoundé, le 1er décembre 2006
Yaoundé, le 30 novembre 06
Bonjour à chacun et chacune !
On espère que tout se passe bien pour vous tous !
Alors quoi de neuf chez les Blanchard de Yaoundé ?
Depuis quelques jours, la saison sèche est arrivée. Fin des gros orages réguliers, et des sentiers boueux, place à une fine couche de poussière rouge qui se répand partout ! Mais surtout, les levers du jour sont très beaux, avec la brume qui se disperse petit à petit sur les collines… Les températures montent !
Arnaud arrive au bout de certains de ses cours, et a commencé ses enquêtes auprès des Témoins de Jéhovah du Cameroun. L’un d’eux, un missionnaire français, lui a même proposé de passer un petit séjour chez lui, puisqu’il devait aller l’interviewer à Douala. Mais Arnaud a préféré ne pas plonger dans l’immersion complète ! Ce missionnaire lui a fait un accueil très chaleureux, et fut un précieux guide pour le séjour d’Arnaud à Douala, la semaine dernière. Sinon, pour continuer les nouvelles des travaux « universitaires » nous avons réussi à saisir les 512 questionnaires de l’enquête pour l’archidiocèse en deux jours ! Arnaud a ensuite fait l’analyse avec sa collègue.
Peut-être que dans un sens c’est le temps des déceptions à l’université : déçu par les collègues qu’Arnaud surnomme pour certains « chasseurs de primes », déceptions parce qu’il est difficile de s’acharner pour mener des projets quand les personnes chargées de veiller à la bonne marche du matériel ne font pas leur travail. Sans doute, nous ne comprenons pas tout, mais on a parfois le sentiment que tout est fait pour vous empêcher de travailler !
Nous avons eu pendant 2 semaines la visite de Marie-Lise et Anca, deux amies françaises. Et en avons profité pour passer un WE dans l’Ouest, en pays Bamiléké, à Bafang. Nous avons découvert la tradition des funérailles du pays Bamiléké. Les funérailles sont une véritable fête ici. Quand quelqu’un meurt, il y a les obsèques. Quelque temps plus tard, (souvent cela met plusieurs années, le temps de récupérer la somme nécessaire à cette dépense somptueuse) on fait une grande célébration rituelle en l’honneur de la personne décédée. C’est une fête tellement onéreuse, que parfois on organise des funérailles pour plusieurs personnes de la famille à la fois. Au cours des danses, l’héritier de la famille, celui qui va devoir gérer les biens familiaux, est désigné.
Nous sommes donc partis au petit matin samedi. La route est magnifique : c’est très montagneux, et très vert. Samedi, nous avions aussi prévu d’aller dans un musée, mais nous avons crevé 2 pneus d’un coup !! Le voyage a toujours un grand goût d’aventure ici ! Heureusement, rien de grave, les pneus ont pu être regonflés, et nous avons repris la route. Nous avons assisté à la messe. La procession des offrandes fut incroyable : des dizaines de personnes apportait des ignames, des boissons, des cadeaux… Il y avait même un homme qui avançait, au milieu de l’église, une poule vivante en mains !!! Le tout rythmé par les chants d’une très belle chorale. Que de joie !
Nous sommes allés visiter le musée le lendemain matin. C’est un endroit merveilleux où sont exposés les trésors des chefferies : masques, costumes, sculptures, objets pour les rites, calebasses, petits sièges, totems… Magnifique ! Le guide nous a donné beaucoup d’explications pour nous faire entrer dans un univers totalement nouveau pour nous où il y a des sociétés secrètes très mystérieuses, des totems aux pouvoirs magiques… Si tout ceci vous intéresse, allez sur le site du musée : www.museumcam.org, vous découvrirez les très belles pièces du catalogue. Le musée que nous avons visité est celui de Baham.
Nous avons ensuite assisté aux magnifiques danses traditionnelles des funérailles. Tout est coloré, rythmé par les tams tams gigantesques, les costumes sont magnifiques : grands chapeaux de plumes de perroquet, tissus aux couleurs vives, masques de bois…
Les funérailles sont aussi un festin de deux jours ! Les femmes sont aux fourneaux du matin au soir pour plumer, bouillir puis frire des poulets, préparer la chèvre, les tripes, le porc, les bananes plantains… Au total, environ 1000 personnes sont nourries pendant 2 jours !
Après un petit ralentissement, Caroline a repris les recherches d’emploi. Elle a décidé de mettre toute son énergie là-dedans avant Noël. Et elle a pas mal de rendez-vous… Et le plus beau c’est qu’elle a peut-être trouvé du travail… Promis vous en saurez plus très bientôt si la bonne nouvelle se confirme. En attendant, elle s’implique dans un projet qui va démarrer d’ici quelques semaines : une bibliothèque pour les enfants. Elle trouve ce projet très chouette. En effet ici, rares sont les familles où il y a des livres. Les enfants comme les parents lisent très peu.
Nous avons également profité du séjour d’Arnaud à Douala pour prolonger par un WE à Limbe. Limbe est une petite ville au bord de la mer. Au pied du Mont Cameroun qui culmine à plus de 4000 m, c’est une région volcanique, d’où des plages de sable noir. C’est la zone du pays où l’on exploite le pétrole. D’où des tâches noires d’hydrocarbure sous les pieds de Caroline après la baignade dans les vagues de la mer chaude ! C’est très beau de voir la montagne qui tombe dans la mer, une atmosphère sauvage, mystérieuse… Beaucoup de brume, parce que c’est une des zones du monde où il pleut le plus ! Mais nous avons eu la chance d’avoir du beau temps. Nous avons bien profité de la mer, du décor magique : dîners avec vue sur le soleil couchant dans l’eau. Samedi après-midi visite dans une réserve pour animaux en voie de disparition. Attention ce n’est pas un zoo nous a répété notre guide ! C’est sûr que quand on voit les cages de 2m x 1m où étaient rangés les singes autrefois, on veut bien le croire, on n’a pas osé lui dire qu’en Occident aujourd’hui les zoos ont de grands espaces comme ceux qu’on a vus. Très étonnant aussi de voir toute une équipe de volontaires se soucier de toutes les espèces de la forêt tropicale en voie d’extinction, à cause de la chasse, à cause de l’exploitation forestière massive. On a eu le sentiment que c’était encore un projet pensé et géré par les Occidentaux. Bien sûr c’est important, mais tant d’enjeux sont contradictoires : d’un côté les sociétés forestières qui gagnent des milliards, de l’autre les agriculteurs qui paient une amende s’ils abattent un gorille qui vient manger leur champ de manioc, et puis le goût des Camerounais pour la viande de brousse : crocodile, vipère, éléphant, singes de toutes sortes…
Voilà pour les nouvelles du moment ! Nous avons un problème technique, donc pas de photos cette fois-ci, mais patience, nous vous en donnerons bientôt…
Le WE du 9 décembre, nous irons à une fête du pays Bamoun, qui a lieu une fois tous les deux ans. Un de nos voisins est de la région, et nous accompagne dans sa famille. Nous avons déjà acheté le pagne de la fête, et nous sommes fait faire des tenues ! On essaiera de vous envoyer une photo de nos uniformes !
Aujourd’hui nous nous sommes promenés au marché de l’artisanat à Yaoundé. Jolies pièces des chefferies de l’Ouest, et souvenirs touristiques. Nous avons longtemps discuté avec un petit vendeur qui a proposé à Arnaud de faire le test de la statue de la vérité. Elle aurait 400 ans… Les chefs s’en servaient pour résoudre les conflits entre leurs nombreuses épouses, et pour s’assurer de leur fidélité. Pas de problème pour Arnaud, il ne ment jamais, vous pouvez donc continuer à lui faire confiance !
Jusqu'au 17 décembre, nous avons une possibilité pour recevoir des lettres, avec une adresse en France. Alors si vous voulez nous envoyer du courrier, vous pouvez écrire à l'adresse suivante :
Arnaud et Caroline Blanchard
Chez M. Jacques Blanchard
« Le Gallia » A
27 Boulevard Montfleury
06400 Cannes
Voilà ! C’est la fin du récit pour cette fois !
Avec toute notre affection,
Arnaud et Caroline
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