04.09.2006
C'est la rentrée !
Yaoundé, le 4 Septembre 2006,
Bonjour à tous !
Nous voici au Cameroun, en ce jour de rentrée scolaire… Ici, la rentrée est un énorme événement : partout dans les rues, les couturiers se dépêchent de terminer les tenues scolaires, les grands supermarchés ont aménagé d’immenses rayons spécial rentrée, et les parents qui n’ont pas encore pu payer les inscriptions se cassent la tête pour trouver un établissement suffisamment bon, pas trop cher, où il y aura encore de la place pour leurs enfants… Les journaux vantent l’harmonisation des prix des manuels scolaires, et dénoncent les fraudes de certaines librairies… Bref, nous aussi nous sentons bien que septembre est là !
Nous sommes de retour à Yaoundé depuis fin août, après un mois de vacances. Le retour fut très agréable, et l’accueil très chaleureux des voisins, amis, collègues…Le premier WE après notre arrivée, nous avons eu la joie d’assister au mariage de deux de nos amis Rwandais. Vous pouvez voir les photos de cet événement ! C’était un mariage qui a réuni la communauté rwandaise de Yaoundé, tout était fait selon les traditions du Rwanda, heureusement, le chef du protocole avait la gentillesse de régulièrement nous traduire en français ce qu’il se passait. (c’était étonnamment protocolaire comme fête) Pour moi (Caroline) la fête avait commencé déjà la veille, puisque j’avais proposé de donner un coup de main aux préparatifs. Les mariés, leur famille et amis faisaient en effet TOUT eux-mêmes : imaginez moi devant 120 kg de patates à éplucher !!! Impressionnant tout le travail fourni : il fallait en effet tout prévoir pour les 240 convives annoncés pour la fête. Le jour J, tout a commencé par la messe qui célébrait le mariage de Jaqueline et Félicien, et le baptême des deux enfants des mariés. L’Espérance immense de voir la fête, et la joie triompher après toutes les épreuves traversées depuis le début de leur exil dû aux guerres au Rwanda… Puis, séance photo à l’hôtel de ville, réception, et fin de la fête chez les mariés. Tout était très différent des mariages que l’on connaît, et justement, on était contents de découvrir cette nouvelle facette de l’Afrique.
Depuis, quelques événements fâcheux sont venus briser nos habitudes ! D’abord, un matin, alors que j’avais garé (ici c’est Caroline qui parle) ma voiture comme tous les matins pour aller à mon travail, la fourrière est venue l’enlever : motif : la voiture était située sur le passage du cortège présidentiel ! Et oui, on ne m’avait pas dit que le Président allait passer. Dans ce cas, il faut dégager toute les routes, et les abords… La ville est alors totalement bloquée, jusqu’à ce que le Président soit bien arrivé. Le temps que je sois avertie, ma voiture était déjà à la fourrière. Heureusement, j’ai rencontré une femme bien introduite, qui m’a été d’une aide précieuse, pour retrouver ma voiture le lendemain, avec seulement deux pneus totalement dégonflés, il paraît que cela aurait pu être pire !
Jeudi 31 août j’ai été licenciée, parce que le Projet d’Accompagnement Social pour lequel je travaillais (connexe au projet de barrage) est dissous. Vu les conditions et l’ambiance de travail, c’est le plus salutaire qui pouvait m’arriver. Mais ce qui est difficile à vivre, c’est que mon patron a refusé de me payer ce qu’il me doit, qu’il m’a traitée de malhonnête, et qu’il a déchiré les documents qu’il avait signés, justifiant ce qu’il s’était engagé à payer. Dur dur d’être confrontée à une injustice totale ! Je garde courage, et j’ai lancé très activement les recherches d’emploi. J’ai été très touchée par les petits gestes d’attention de mes amis de partout, merci pour vos encouragements ça fait beaucoup de bien ! Et puis mes voisins d’ici ont de bonnes façons de me donner du courage : telle voisine qui m’emmène rencontrer son patron qui m’ouvre des contacts, telle voisine qui s’exclame : « Laisse, l’argent, c’est quoi ? » Ou telle autre « Mais Caroline, ma fille, Dieu tout Puissant est là, non ? » Je découvre aussi (certes à mes dépends) une réalité que vivent une part importante des gens d’ici (où les arriérés de salaire sont courants), et pour moi toujours avide de comprendre, de ressentir ce pays, c’est aussi une avancée…
Arnaud travaille à l’amélioration de son manuscrit qui a été relu par l’éditeur, et commence une nouvelle enquête : les témoins de Jéhovah au Cameroun. Il prévoit un séjour à Douala pour aller voir leur siège. Il a déjà des morceaux de mémoires d’étudiants à lire. Le temps des soutenances arrive.
Et comme vous pouvez le voir sur la dernière photo, il y a toujours des enfants du quartier de passage chez nous pour dessiner !
Voilà les nouvelles des Blanchards de Yaoundé, on pense bien à vous tous en ce temps de rentrée, et on vous envoie toute notre affection,
Arnaud et Caroline
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